
Et si loin de Pigalle ?
Qui voilà, qui voici ?
Mademoiselle Cigale !
Toujours très élégante !
Toujours fringante
Sans mentir, si votre minette
Se rapporte à votre binette
Vous êtes la pin-up des mâles « z »aux-zabois !
Quand
Bien le bonjour Madame Mygale
Vous êtes bien arrogante
Mais ça m’est bien égal
Vous n’êtes qu’une intrigante
Des compliments je me méfie
Et me moque de vos défis
Vous parlez de Pigalle
C’est vrai que j’y habite
Mais vous, la fille Mygale
Vous y sucez des bites …
… Avec une telle fringale
Que c’est bien là votre régal !
Quelle mouche vous pique
Je vous trouve fort méchante
Araignée des Tropiques
Envers celles qui chantent
Chantez tout à votre aise
L’opéra ou la javanaise
Je reconnais ne m’en déplaise
Qu’en art lyrique vous êtes balèze.
Sifflez dans les mélèzes !
Dansez sur la falaise !
Moi ma partie, c’est la baise !
Dansez la carmagnole
Affolez les rossignols !
Chantez l’été, chantez l’hiver
Vous n’énervez que les pics-verts
Car pour séduire les beaux grillons
Pour attraper les papillons
Z’avez beau jouer
Ce n’est pas avec votre cri-cri
Que vous gagnerez le prix !
Je vais vous faire une confidence
Pendant vos chants et vos dances
Votre mari Monsieur Criquet
Lassé de c’que vous fabriquez
Se fait branler le tourniquet
Par une qui le fait triquer !
Votre cousine Mam’zelle Sauterelle
Qui n’est pas blanche tourterelle
A mis la patte sur votre époux
Non pas pour lui chercher des poux
Mais pour jouer à saute-bouton
Et lui ramollir le crouton
Je le sais de Dame Epeire
Ma jardinière au pair
Est une sacrée vipère …
Votre pervers pépère
Est un fieffé compère
Et parait-il … un coup super !
Racontars de mémère !
Ne sont pas mes oignons
Ceux d’une catin
Car c’est pour le pognon
Que vous roulez patin
Comme bien des araignées
Vous vous voyez régner
Vous parlez comme apôtre
Mais voyez-vous ma chère
Vous n’êtes qu’un insecte
Au milieu de tant d’autres
Et si dans votre secte
De fières tégénaires
Parmi vos congénères
Certaines sont venimeuses
La plupart d’entre elles
Ne sont rien qu’allumeuses
Vos sœurs les lycoses
Ne provoquent et pour cause
Que des démangeaisons
Et encore, en peine saison !
Un jour une tarentule
M’a prise dans sa toile
J’étais pleine de pustules
J’ai vu 36 étoiles.
C’était une gouinasse
En manque de câlins
Des coups, des menaces
Rien de bien malin !
Je n’ai jamais cédé
A sa folie charnelle
Alors épuisée, excédée
J’ai joué ma ritournelle
J’ai chanté des cantiques
Des refrains soporifiques
Des chansons romantiques
Des berceuses magnifiques
Endormie la goudou
Par mes chants tout doux
Dans les bras de Morphée
Elle perd son trophée
Elle en avait trop fait
Ca l’a catastrophée !
Toi, l’araignée du soir
Dans ta toile-passoire
Crois-tu qu’après ton message
Mon mari si peu sage
Redeviendra fidèle ?
Et s’il était amoureux d’elle ?
Je m’en fiche, je fredonne
Et tout le mal que tu te donnes
A m’en faire, à moi,
Je m’en balance, ça m’est égal.
-
YYY
Petite fable sans prétention by Walker

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