J’ai regardé le mur
Il n’a pas d’oreille
Faut-il que je murmure ?
Si je crie, c’est pareil !
Accroupi dans ce placard
Je subis sa volonté suprême
Petit mâle au rencart
Je fais pénitence et carême.
Ne pas parler, ne pas se plaindre
Ne pas broncher, se taire
Ne pas tousser ni geindre
Le ton est autoritaire
Dans ma méditation silencieuse
Je bénis celle qui me possède
Cette princesse capricieuse
Qui me contraint, à qui je cède.
Peu m’importe la contrainte
L’inconfort, l’isolement
Je rêve toujours de nos étreintes
J’entends encore ses miaulements
Les baisers, les caresses
Quand nous étions amants
Le plaisir en détresse
Quand … Je l’aime tellement …
Je suis un autre à présent
Je la sers comme je peux
Ce n’est pas déplaisant
Je compte encore un peu
Je ne crie pas famine
J’existe ainsi, à sa merci
Elle m’a dompté, me domine
Pour ce bonheur je la remercie
Quand parfois s’ouvre mon clapier
Lorsque je fus assez sage
Je peux ramper jusqu’à ses pieds
Pour un baiser ou un massage.
Je suis son soumis, son serf
Sa chose, son pantin
Sa voix est mon concert
Son sourire est mon festin
Je me nourris de sa sévérité
Je m’abreuve de son aisance
Je vis sous son autorité
Elle est mon havre de plaisance.
-
YYY
Texte original by Walker



0 commentaires:
Enregistrer un commentaire